La gestion du grand cycle de l’eau et de la biodiversité par bassin de vie

Un nouvel horizon face  aux menaces sur les ressource en eau et en biodiversité

Le week-end dernier à Fontaine le séminaire de rentrée EBC AURA a réuni une trentaine de représentants d’une dizaine de collectifs locaux. Ils ont pris la mesure des enjeux de l’Eau et de la Biodiversité comme Biens Communs indissociables. Alors que les collectivités locales devront prochainement assumer l’ensemble des compétences de l’eau et de la biodiversité, le séminaire a mis en évidence les nouveaux remèdes à la crise du modèle français de gestion de l’eau.  EBC AuRA interpelle l’ensemble des acteurs de l’eau et de la biodiversité des villages jusqu’au plan national : l’heure est à construire un véritable service public de gestion qui agglomère localement l’ensemble des compétences susceptibles de préserver les ressources naturelles, le droit à l’eau comme à la biodiversité.

Une révolution copernicienne : la participation citoyenne

Durant la matinée, les participants au séminaire ont étudié et révélé les différentes problématiques liées à la gestion de l’eau, de la biodiversité et du climat. Le retour en gestion publique de l’eau potable et de l’assainissement est nécessaire mais non suffisant pour résoudre le problème d’épuisement de la ressource potable et de la biodiversité comme celui de l’accès de tous et toutes à ces biens communs. Une véritable révolution copernicienne est annoncée :  la gestion de l’eau doit aussi être liée à la gestion de la Nature. Les politiques de l’eau et de la biodiversité réunies doivent être décidées et gérées à l’échelle du bassin de vie de manière exigeante, pluridisciplinaire, transversale, transparente et citoyenne.

réflexions autour des enjeux de l’Eau et de la Biodiversité comme Biens Communs indissociables.

Au service d’un renouveaux des politiques publiques de l’écosystème

Alors que le transfert de compétences publiques de ces ressources vers les intercommunalités seront achevés à l‘horizon 2026, les collectifs locaux d’EBC AuRA promeuvent une mode d’administration local de l’eau et de la nature exigeant, rigoureux et participatif.  Sous forme de lobby et d’expertise citoyenne, ils appuient la réorientation des politiques publiques, des compétences et des réglementations pour en tout lieu et tout temps préserver ces biens communs de l’humanité que sont l’eau et les milieux naturels.

Le retour du maire et du citoyen pour mutualiser à l’échelon intercommunal

La coordination entre les différents acteurs et les différentes échelles semble aussi nécessaire pour mettre en place une politique de préservation de l’eau, de la biodiversité et du climat. La collaboration entre acteurs d’un territoire permettrait d’avoir plus de poids sur le plan public et politique. La fédération des personnes et des compétences permettrait aussi d’avoir une vision plus globale des problèmes et ainsi d’augmenter la probabilité de les résoudre. Cependant,l’organisation administrative française en « mille feuilles » reste un frein à la transversalité. La répartition des compétences entre commune, intercommunalité, département région, etc., n’aide pas à la collaboration. A moins d’une volonté politique locale et d’un engagement citoyens suffisants..

L’échelon de la transformation écologique et des biens communs est  le bassin de vie local

L’échelle pertinente révélée par les activistes de l’eau et de la biodiversité rhônalpins est celle où l’on se sent capable d’agir pour répondre sans attendre aux défis à relever d’urgence face au risque climatique. C’est-à-dire, l’endroit où se pose la problématique, l’endroit où se prennent les décisions mais aussi l’endroit où la volonté politique est présente. A noter que la volonté politique peut également être créée par une impulsion citoyenne (ex : le plan Rhône). L’échelle pertinente semble donc être le bassin de vie, chaque bassin de vie pouvant interagir avec un ou des autres(s) en fonction des problématiques à traiter (ex : gestion de bassin versant). Malgré cette conclusion, la notion d’échelle reste difficile à appréhender par les collectifs car l’échelle de réalisation peut différer en fonction des différentes problématiques.

Enfin, la gestion de l’eau, de la biodiversité et du climat devrait s’inscrire dans une politique transparente où les citoyens auraient un rôle à jouer, avec par exemple, un organe de contrôle citoyen. Les habitants du territoire devraient avoir un droit de parole dans chaque grande décision prise au niveau administratif et politique.Il semble également important de prévoir une formation citoyenne (eau, biodiversité, climat, compte publique, facture d’eau, …) auprès d’un public sensibilisé, mais aussi avec des personnes tirées au sort, afin de former des experts citoyens.

Les acteurs à mobiliser pour une gestion de l’eau et de la biodiversité par bassin de vie.

  • Les élus,
  • L’industrie
  • L’agriculture/La pêche/La chasse
  • Les institution (Agence de l’eau, police de l’eau,…)
  • Les gestionnaires de la nature et Espace naturels protégés
  • Les associations
  • Les entreprises
  • Les citoyens engagés et non engagés (cortège citoyen non sensibilisé)
  • Les scientifiques
  • Le tourisme/loisir

Au cours de l’après-midi ont été présentés les différents outils de communication qui permettront aux collectifs d’agglomérer les compétences des collectifs pour gagner en force de frappe.

En conclusion, parmi les 3 objectifs de ce séminaire, 2 ont été atteints :

1) faire évoluer la posture stratégique des collectifs EBC AuRA vers une vision globale de la gestion de l’eau, du climat et de la biodiversité ;
2) prendre conscience de la nécessité de la coopération entre acteurs. Cependant, le dernier objectif qui visait à l’adoption des outils de communication par les collectifs n’a pas été atteint. De plus, les collectifs présents ont fait part de leurs attentes de conseils techniques.

Face à cela, des mesures vont être mises en place pour permettre une meilleure communication entre les collectifs dans le but de renforcer le réseau de partage de compétences. Parmi elles, telles que la réactivation du groupe de communication et du groupe d’expertise sur le Loomio, mais aussi l’organisation de rencontres régulières (cadre 2). De plus amples informations seront diffusées dans les prochains mois..

Les prochains événements dans lesquelles les collectifs sont ou seront tous impliqués.

  • Le salon Primevère qui aura lieu du 22 au 24 février 2019.
  • Le Village de l’eau 2ème édition pour une date encore indéterminée.
  • Le prochain séminaire EBC AURA qui aurait lieu la veille du Village de l’eau.
  • Un séminaire de travail basé sur une à trois expérience(s) de terrain avec débat
  • Et/ou un séminaire de travail basé sur une expérience particulière qui aurait lieu sur place avec la présence des citoyens, élus, et autres acteurs du territoire.
  • Une formation collective pour maîtriser les outils de communication (Loomio, Framapad, …).

Les présents ou représentés : EBC Bugey Sud, Avenir Eau en Chartreuse (AOC), EBC Lyon Métropole, Santé Environnement AuRA, la SDAGE DRAC, Touche Pas Mon Eau (TPME) Saint-Bonnet-des-Bruyères, EBC PACA, Eau Secours Briançonnais, EBC BATS, EBC Villefranche sur Saône, la CAPI (Bourgoin Jailleux), EBC Haute-Savoie et Pays de Gex.

janvier 23, 2019

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